"Restons ce que nous avons toujours été : des gens libres. C'est devenu suffisamment rare pour qu'on s'accroche ne serait-ce qu'à l'idée."Enki Bilal.

Mai 2008
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1er mai: Fête du TRAVAIL

02/05/2008

A l'occasion de la fête du Travail, de nombreuses municipalités organisent la réception des "récipiendaires" de la médaille du Travail.

Loin d'être une manifestation "banale" où chacun peut mesure le temps consacré à l'entreprise, tranche de vie, plus ou moins heureuse, plus ou moins réussie, plus ou moins ...

C'est l'occasion d'un bilan, d'un retour sur le passé...

Si les maires préfèrent souvent mettre en avant la convivialité du moment, d'autres mettent l'accent sur l'aspect humain, sur "cette  longue marche qu'est le "1er MAI" qui rythme notre histoire et qui nous renforce dans notre volonté d'agir contre l'injustice et l'inégalité.
La longue marche vers la dignité du travailleur est  loin d'être finie..."

A Villeneuve d'Ascq, Gérard CAUDRON a développé un discours politique très fort pour dénoncer
"
(...) le mal  qui ronge nos sociétés industrielles, encore en 2008 :
le chômage avec son cortège de misères et de marginalisations,
et ce, quelles que soient les méthodes « comptables » (ou pires) qui veulent nous faire croire qu'il recule.

Et je le redis aujourd'hui une fois encore et ce quels que soient les ministres en place :
Quel drame quand le premier « emploi » d'un jeune, c'est le chômage !
Quel drame quand le dernier « emploi » d'un adulte, c'est le chômage !
"

( lire son discours )


s'obliger à comprendre au lieu de juger. A.Camus [26/03/2008]
Y a-t-il encore des intellectuels?
De ceux qui ne se croient pas  "comme destinés à refaire le monde, ou courtisans de pouvoirs médiocres,
de ceux qui nous aideraient à comprendre, et de nous faire voir la condition humaine comme elle est, et de refuser toujours d'adorer l' évènement, le fait, la richesse, la puissance, l' Histoire comme elle se fait et le monde comme il va."

En écho à "la crise de l'Homme" comment ne pas évoquer aussi le discours de Camus lors de la réception du prix Nobel de littérature le 10 décembre 1957.
"Je ne puis vivre personnellement sans mon art. Mais je n'ai jamais placé cet art au-dessus de tout. S'il m'est nécessaire au contraire, c'est qu'il ne se sépare de personne et me permet de vivre, tel que je suis, au niveau de tous. (...) C'est pourquoi les vrais artistes ne méprisent rien ; ils s'obligent à comprendre au lieu de juger. Et s'ils ont un parti à prendre en ce monde ce ne peut être que celui d'une société où, selon le grand mot de Nietzsche, ne règnera plus le juge, mais le créateur, qu'il soit travailleur ou intellectuel.

Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu'elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. Héritière d'une histoire corrompue où se mêlent les révolutions déchues, les techniques devenues folles, les dieux morts et les idéologies exténuées, où de médiocres pouvoirs peuvent aujourd'hui tout détruire mais ne savent plus convaincre, où l'intelligence s'est abaissée jusqu'à se faire la servante de la haine et de l'oppression, cette génération a dû, en elle-même et autour d'elle, restaurer, à partir de ses seules négations, un peu de ce qui fait la dignité de vivre et de mourir. Devant un monde menacé de désintégration, où nos grands inquisiteurs risquent d'établir pour toujours les royaumes de la mort, elle sait qu'elle devrait, dans une sorte de course folle contre la montre, restaurer entre les nations une paix qui ne soit pas celle de la servitude, réconcilier à nouveau travail et culture, et refaire avec tous les hommes une arche d'alliance.
Il n'est pas sûr qu'elle puisse jamais accomplir cette tâche immense, mais il est sûr que partout dans le monde, elle tient déjà son double pari de vérité et de liberté, et, à l'occasion, sait mourir sans haine pour lui. C'est elle qui mérite d'être saluée et encouragée partout où elle se trouve, et surtout là où elle se sacrifie. C'est sur elle, en tout cas, que, certain de votre accord profond, je voudrais reporter l'honneur que vous venez de me faire.

La vérité est mystérieuse, fuyante, toujours à conquérir. La liberté est dangereuse, dure à vivre autant qu'exaltante. Nous devons marcher vers ces deux buts, péniblement, mais résolument, certains d'avance de nos défaillances sur un si long chemin. Quel écrivain, dès lors oserait, dans la bonne conscience, se faire prêcheur de vertu ?"
 

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